Décryptage

28/08/2022

Le mystere Satoshi

Père fondateur du Bitcoin

"La liberté se doit d'être conquise et reconquise sans relâche : c'est pour elle que l'on se bat." Satoshi Nakamoto

Cher-e WagmiSta,

Aujourd’hui c’est décryptage. Étant donné que tu es potentiellement en week-end prolongé, je t’ai concocté un article sur le mystère Satoshi, le Père fondateur du Bitcoin.

L’histoire est passionnante, digne d’un roman d’espionnage, d’un thriller, des deux. En tout cas, elle en dit long sur l’idéologie derrière la création du Bitcoin et sur l’aspiration de son père fondateur Satoshi Nakamoto - qui est un nom d’emprunt.

Dans cette newsletter un peu spéciale, on énumèrera quelques grandes dates marquantes avec, en toile de fond, Satoshi Nakamoto.

On t’invite également à visionner ce reportage/docu/série incroyable réalisé par Arte et qui retrace le mystère Satoshi.

Bon week-end prolongé et à mardi prochain pour tes immanquables de la semaine !

Génèse du Bitcoin ?

Selon Satoshi Nakamoto, avec la mise en réseau de nos ordinateurs, nos vies seraient numérisées, réduites à une somme de données : chaque mot, chaque geste, chaque transaction. Internet devient un outil de contrôle ; le nouveau monde bouscule tout.

La vie privée, c’est alors la liberté de choisir ce que l’on dévoile au monde.

1993 est l’année qui voit éclore le groupe d’activistes, plus connu sous le nom de Cypherpunks, issu de la région de San Francisco : pour eux, la liberté n’est pas négociable. Ils écrivent du code et veulent se charger de préserver les libertés.

Ce mouvement a donné naissance à de nombreuses autres tentatives pour recréer des institutions fondamentales se basant sur des maths complexes et des systèmes cryptographiques.

La cryptographie permettait alors de nouvelles formes de liberté (Définition cryptographie selon Wikipedia : discipline de la cryptologie s'attachant à protéger des messages et assurant confidentialité, authenticité et intégrité.).

Avec la création d’Internet, il n’y a pas eu de création de monnaie mondiale et universelle qui serait indépendante d’une banque centrale.

Satoshi Nakamoto s’est penché sur la question et a été confronté à la problématique de la double dépense de la monnaie numérique : comment s’assurer que l’argent n’est dépensé qu’une seule fois ? Quand on a un billet et qu’on le donne à quelqu'un d’autre, on ne l’a plus. En numérique, on peut copier l’original. Et sur internet, tout est reproductible à l’infini. 

Il faut donc inventer un nouveau paradigme idéologique et technologique : l’unicité numérique, la transparence absolue, et l’anonymat préservé.

Bitcoin c’est le fruit d’une dizaine d’années de travail, de recherches, de création technologique hors pair : Satoshi connaissait les rouages de la politique monétaire et s’est appuyé dessus pour construire une monnaie affranchie d’un acteur central, basée sur une idéologie libertaire. 

Naissance du Bitcoin

Le white paper du Bitcoin est publié le 31 octobre 2008.
8 pages rédigées en anglais que je t’invite à te farder pour comprendre l'idéologie de fond et ses spécificités techniques.

Peu après, Satoshi Nakamoto publie un code.
Dans le bloc Genesis, notre père Fondateur du Bitcoin reprend un titre du Times “Le chancelier britannique vers un deuxième sauvetage des banques.” Ironie ou pas, la posture est claire : anti-banques, anti-gouvernements, bref anti organe central. 

Le Bitcoin supprime l’obligation de confiance donnée à un acteur central.

Bitcoin : une porte vers un nouveau monde

Évidemment et malgré les prouesses techniques extraordinaires de Monsieur Nakamoto (et peut-être des ses fidèles apôtres), le Bitcoin n’est pas parfait dès le départ et rencontre bugs et autres difficultés.
Par chance pour lui, aucun hacker n’a voulu l’anéantir. Il a donc pu continuer de se construire, tranquillement, solidement.

Le Bitcoin n’est donc pas devenu une monnaie du jour au lendemain. Le phénomène est davantage parti des gens qui ont décidé de l’utiliser comme monnaie. 

D’ailleurs, le premier achat qui s’est réalisé en Bitcoin était deux pizzas.

Rappelons qu’au départ, pour 1$ on avait 1 500 bitcoins. Aujourd’hui 1 Bitcoin = 29 334 $. 

Pause. Rapide calcul, en 2022, 1 500 Bitcoins = 44 001 000 $ #ouaisouais on est passé-es à côté nous aussi !

Revenons à notre roman fou ! 

Une monnaie repose sur la confiance de ses utilisateurs. Sur quoi repose cette confiance ? Sur le fait que la monnaie est émise par les États qui garantissent une certaine forme de monopole et de stabilité.

Le Bitcoin réinterroge sur ce qu'est la monnaie.

2009 Hal Finney : "un système libre, c'est un système autonome"

La première transaction a lieu 9 jours après la création de la blockchain Bitcoin.

Satoshi Nakamoto a signé des Bitcoins qu’il avait minés et les a envoyés à une adresse qui appartenait à Hal Finney - un des tout premier informaticien à s'intéresser au Bitcoin (décédé aujourd’hui). 

Le géni Hal a conçu la preuve de travail réutilisable, un des composants qui a permis la réussite de Bitcoin. Hal et Satoshi ont ensuite collaboré.

Dès 2009, les deux compères évoquaient déjà l’empreinte carbone et d’industrialisation des mineurs qui auraient un impact énergétique.

On estime qu’entre 2009 et 2019, Satoshi Nakamoto aurait miné 22 000 blocs et gagné près d’1,1 million de bitcoins.

Nouvel or numérique

L’idée révolutionnaire est venue de ce constat : faire supporter le coût d’entretien du système via une rémunération de l’abonné-e du système.

Son aspect novateur : si quelqu’un-e souhaite réaliser une transaction, il doit s’aligner avec ses peers, et être certain-e que tout le monde accepte cette transaction. 

Le Bitcoin est une monnaie numérique limitée - tout comme l’or. Le Bitcoin est une ressource finie, rare. Satoshi a créé la rareté numérique à l’état pur avec cette limite de 21 millions de Bitcoins. 

A noter côté piratage : il est évidemment extrêmement complexe de pirater plusieurs milliers d’ordinateurs plutôt qu’un. Le réseau crée une sorte d’énigme mathématiques supra-sophistiquée ; on n’a pas d’autre choix que de tester toutes les combinaisons possibles.

2010 : le tournant WikiLeaks

Les Etats ont vite fait d’envahir le numérique.
Ce que Satoshi Nakamoto a appris de l’affaire WikiLeaks, c’est qu’il y a des lignes rouges à ne pas franchir et des précautions drastiques à prendre en toutes circonstances. 

Satoshi avait créé une monnaie nouvelle : avec l’affaire WikiLeaks et son fondateur recherché par Interpole, les regards se sont tournés vers le Bitcoin, et son Créateur.

Le monde virtuel n’est pas un monde parallèle mais est bien lié au monde réel : chaque action numérique a un impact sur le monde réel.

2011 : disparition de Satoshi

Le Bitcoin atteint la parité avec le $.

Plus de post public de la part de Satoshi. Quelques mails privés avec les développeurs de Bitcoin. Puis, un de ses dév accepte l’invitation de la CIA a présenter le Bitcoin.
Monsieur Nakamoto coupe net et disparaît.

A ce stade, le programme n’avait plus besoin de lui, il était devenu assez solide pour remplir sa fonction. 

Sans responsable identifié, le Bitcoin est moins vulnérable puisqu’aucune prise n’est possible, aucune personne n’a de pouvoir sur le Bitcoin.

2013 : Satoshi milliardaire

Cette année-là, le bitcoin est passé de 10$ à 1000$ ; son prix a été multiplié par 100. Un jour vous pouvez vous acheter une pizza, le lendemain une voiture de sport ; certes, un peu volatile pour une monnaie.

C’est comme si la disparition du fondateur avait libéré le Bitcoin. 

Cette même année, James Howells jette un vieux disque dur sans penser qu’avec, il perdrait ses 5 millions d’euros de bitcoins - achetés en 2009. 

Puisque si tu perds ta private key ou que tu oublies ton mot de passe, tes bitcoins sont perdus à jamais. Le système étant décentralisé, tu as intérêt à faire attention.

2016 : confession de Craig Wright

De nombreux protagonistes ont tenté de faire croire qu’ils étaient Satoshi Nakamoto.

C’est notamment le cas de Craig Wright, l'entrepreneur australien qui a tenté de prouver l’origine de ses fonds mais ses déclarations n’ont pas convaincu la communauté.

2018 : Satoshi 44ème fortune mondiale

Début 2018, la capitalisation globale des cryptos est de 800 milliards de dollars #nocomment (Je te rappelle ici que 10 ans auparavant, on s’achetait deux pizzas pour 1 bitcoin.).
2008 c’est aussi l’avènement de la technologie blockchain qui révolutionne le consensus décentralisé - incarné avec le Bitcoin.

La crypto-monnaie va pouvoir s’étendre à tous les secteurs : assurance, art (...).

2019 : cryptos & Facebook

Une révolution numérique est née, portée par le Bitcoin. Et Zuckerberg voulait aussi en être avec Libra.

De plus en plus de corporations privées et centralisées veulent intégrer leur blockchain et croquer leur part du gâteau.  

Notez que si Facebook se dote de sa propre monnaie,  tout ce qui tient du financier va aussi être partagé par Facebook, qui collecte, partage et monétise tes datas - rappelons-le. 

Dans son discours sur sa volonté de lancer sa monnaie, Zuckerberg dixit vouloir : “Redonner le pouvoir au gens.” No comment mais quand même, on glisse ici cette citation d’Oscar Wild : ‘Un cynique, c'est quelqu'un qui connait le prix de tout, et la valeur de rien”.

A bon entendeur.

Epilogue : mais alors qui est Satoshi ?

Cher-e WagmiSta, ne sois pas frustré-e mais la réponse est la suivante : on ne sait pas qui est Satoshi Nakamoto. 
Est-ce le nom d’une seule et unique personne ou d’un groupe de personnes ? 

Selon des stratèges spécialisés dans la tech, pour construire le Bitcoin, son protocole, son écosystème, c’est l'œuvre d’un groupe, fruit de discussions et d’échanges qui ont fait progresser ses fondements et son idéologie.

On sait qu’il est english speaker mais sûrement pas Japonais. Si Satoshi a laissé des indices, ils peuvent être trouvés dans le code et les messages que l'inventeur de la cryptographie a écrits entre 2008 et 2011, méticuleusement catalogués comme un texte sacré.

Pour la petite histoire, Newsweek a trouvé le Satoshi Nakamoto originel vivant au Japon et a bien saboté sa vie. Le pauvre n’avait strictement rien à voir avec le Père fondateur du Bitcoin.

Satoshi : sa disparition, un mythe

Sa disparition c’est son œuvre. Si nous connaissions son identité, le Bitcoin n’aurait vraisemblablement pas une aura aussi forte. 

Satoshi devient une sorte de symbole : créateur divin, mythique.
Or les mythes ont une utilité pour créer du corps aux choses.

Le Bitcoin a bouleversé l’écosystème monétaire et financier classiques (cf notre Newsletter Bear Market). On peut évidemment investir, s’en servir mais son usage n’est pas encore démocratisé.

Son fonctionnement reste compliqué pour le grand public et son utilité comprise par une partie infime de l'humanité alors que, vraisemblablement, ce nouvel or numérique changera durablement le monde.

Le Bitcoin est apatride mais il a son armée d’ordinateurs et d’utilisatrices et utilisateurs.

Regarde ce que Marine t'a préparé : une frise temporelle qui défrise

Cher-e WagmiSta, ce numéro décryptage touche à sa fin.
On te donne rdv mardi 24 mai pour les immanquables de la planète Web 3.

Bon week-end prolongé - si tu fais le pont.
Bisous, caramel et chocolat,
Alex ❤️

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Bref, à tout le monde !

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