25/04/2022

Alexis Majos

Investisseur Tech @SpeedInvest

Alexis est calme, réfléchi, enthousiaste et nous livre sa vision de ces transformations sociétales de premier plan : la révolution du Web3.

Bonjour Alexis, pourrais-tu nous partager ton expérience ?

J’ai commencé ma carrière dans la banque d’affaires en fusac (fusion-acquisition) en tant que ‘tech advisor’ (conseiller sur les aspects technologiques – pour notre électorat cocorico).

Ma mission : conseiller les sociétés, Marketplaces, software (logiciels).

J’ai eu la chance de travailler avec à Londres et New York, et cette expérience a éveillé mon intérêt et de tous les enjeux autour de la tech (technologie / innovation).

Dans ma précédente société, une banque d'affaires, j’avais une mission de conseil : une fois la boîte vendue, on passe à la prochaine.

Grâce à cette expérience, j’ai pris conscience que je souhaitais "walk the talk" (ndlr. marcher en poursuivant ses paroles – métaphore anglaise qui n’existe pas en français) en investisseant durablement dans des projets, et non ponctuellement. C’est la raison pour laquelle j’ai rejoint SpeedInvest en juillet 2021.

Aujourd’hui je suis spécialisé en investissements Fintech.

Quels sont tes sujets de prédilections côté Fintech ?

La Defi (ndlr. la finance décentralisée inhérente au Web 3) c’est quelque chose qu’on regarde beaucoup.

Je m’intéresse aussi à des projets tels que :

1.  BNPL - Buy now Pay Later

Permet à l’utilisateur de réaliser ses achats en ligne et de payer en plusieurs fois.

2. Infrastructures pour la finance

Infrastructures technologiques qui permettent aux entreprises d’avoir accès à des données sécurisées.

3. Play du Web 2 pour le Web 3

Sur quoi tu te bases pour investir dans des projets Web 3 ?

Il y a beaucoup de bruit autour du Web 3 et de nombreux projets qui se montent.

La thèse que j’essaie de monter c’est d’investir dans des sociétés et avec des fondateurs qui veulent véhiculer des valeurs du Web 3.

Je veux absolument éviter les « agents du Web 3 » qui vont à l’encontre des valeurs de décentralisation et de transparence du Web 3 et qui n’ont aucune logique de plateforme. Starton par exemple est basé sur le fait de démocratiser la technologie blockchain : ils ne surfent pas sur la vague Web 3, ils veulent développer leur modèle économique sur la base des fondements même du Web 3.

Quels conseils donnerais-tu pour une entreprise qui se lance dans le Web 3 ?

A mon sens, je partagerai trois conseils :

1. Etudier sa taille de marché

Beaucoup de projets viennent de petits ‘pain points’ (ndlr. Points d’irritation) mais ne créent pas un navire amiral au centre de cette nouvelle économie. Cela reste du ‘growth fast’ (ndlr. Grandir vite).

J’observe finalement peu de personnes qui voient grand, au-delà d’une opportunité court-termiste, et qui font vraiment preuve d’ouverture d’esprit.

Si l’on prend l’exemple de Jeff Bezos : à l’origine il vendait des livres sur Internet mais dès le départ son objectif était clair : créer le site de référence mondiale pour vendre toutes sortes de produits.

2. Infuser : ce qu’est le Web 3

3. Créer un produit « scalable » (ndlr. Que l’on peut déployer à grande échelle)

A ton avis, comment les instances traditionnelles bancaires vont-elles se structurer face à l’engouement autour des cryptos ?

Il y a différents sujets. Je pense que le ‘la’ doit être donné par des banques centrales avec une structure organisationnelle en haut de la chaîne de valeur comme les discussions actuelles avec les stable coins.

Il faut d’abord poser les fondations avec un schéma légal et protéger les consommateurs. Ensuite, les institutions financières s’adapteront au fait de pouvoir émettre et commercialiser différents actifs.

Comment les Fintech vont faire évoluer leur modèle économique face aux cryptos ?

Il y a différents modèles en Fintech avec des approches de go to market spécifiques.

La crypto est basée sur une technologie ouverte - la blockchain, comme Lydia qui a lancé son offre crypto via BitPanda Pro.

Mon point, c’est qu’il n’est pas extrêmement compliqué d’avoir une offre cryptos ; cela ne demande pas de réécrire toute l’infrastructure, et ce grâce à des solutions Fintech en marque blanche de plus en plus présentes.

Comment vois-tu l’évolution sociétale dans une ère où la crypto s’épanouit ?

Cela dépend de la timeline : actuellement, on en est qu’aux balbutiements.

Prenons l’exemple de la France et du UK qui sont les régions les plus avancées d’Europe de l’Ouest.

La crypto avance certes mais est principalement utilisée à des fins d’investissements et non pas à des fins transactionnelles au quotidien.

C’est comme quand j’achète des actions ; je ne vais pas payer ma baguette de pain avec mes actions.

Au UK, le sujet est plus avancé qu’en France car certaines structures sont bien plus "Founder Friendly" : par exemple la FCA (Financial Conduct Authority) offre une sandbox (ndlr : permet aux entreprises de tester des propositions innovantes sur le marché en environnement test réel).

Aujourd’hui, en France, il y a peut-être 5% de personnes qui détiennent de la crypto et 90% d’entre elles la conservent/l’investissent : il n’y a pas d’aspect transactionnel. Personne n’a de carte de crédit crypto.

Il y a beaucoup de projets, beaucoup de marketing de l’offre mais dans le fond on n’y est pas encore.

Que penses-tu des dernières annonces de la Commission Européenne qui souhaite légiférer sur les transactions des crypto-monnaies ?

Je n’ai pas lu le(s) texte(s) donc je n’aime pas répondre quand je ne suis pas vraiment au courant.

Cependant, cela peut être un frein pour développer des projets Web 3 ou la crypto sur du court terme. La directive principale concerne le blanchiment d’argent et la provenance des fonds.

C’est plus sain d’instaurer un cadre réglementaire et de partir sur de bonnes bases.

Notre objectif chez WagmiTrends c’est de démocratiser le Web 3 et de décrypter cette révolution numérique qui s'opère : penses-tu que cela soit possible auprès de tous ?

C’est un peu comme faire aimer les maths aux enfants, ce n’est pas évident.

Mais ça a une vraie valeur. Comme les Maths. Une fois que les enfants comprennent comment marche les calculs, tout se met en place.

A mon avis, la bonne approche à avoir c’est d’y aller étape par étape, d’être pédagogue.

Peux tu nous partager ta playlist ?

Ton film culte ?

Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh.

Un bouquin qui t'inspire ?

Principles de Ray Dalio.

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