Doers

21/07/2022

Laurent Guilbert

Associate Marketing Director @CollecOnline

"Comme les Grands Explorateurs, découvrons, explorons, et bâtissons dans ces univers.”

Bonjour Laurent, pourrais-tu stp te présenter ?

J’ai 48 ans, ma famille vient du nord et de l’industrie du textile.

Je suis chef d’entreprise depuis l’âge de 22 ans et n’ai jamais connu le passage par ”la fiche de paie”. J’ai oscillé entre différents domaines d’activités.

Consultant IT pour de grands groupes (Alstom/EDF...), j'ai continué à me former à l'IT et à ce que je pensais être une révolution : Internet.

Dans les années 2000, quand Internet n’en était qu'à ces balbutiements pour les entreprises, j’ai créé une société avec 1000€ de capital qui visait à développer des sites avec consoles d’administration. A l’époque, c'était révolutionnaire. Les WordPress et Prestashop commençaient seulement à apparaitre. J’ai donc créé la troisième société européenne avec plus 140 salariés, une quinzaine d’agences en France et en Belgique. Ekinoxe permettait à toutes entreprises d'administrer en toute autonomie les contenus de leurs sites.

Puis, une mauvaise décision au mauvais moment : lever des fonds pendant l'explosion de la bulle Internet à fait capoter cette belle réussite. J’ai continué malgré tout dans le digital en créant des sites pour des grandes marques et me suis mis en retrait tout en conservant ma casquette de consultant.

Dans les années 2016/2017, moi, qui suis auteur et concepteur de jeux de plateaux (jeux de société), j’ai créé plusieurs jeux et je me suis dit “tiens ça serait rigolo d’ouvrir un resto avec un accès à une ludothèque de plus de 850 jeux”. Le destin s’en est mêlé avec le covid.

En parallèle, Loïc Schappacher, CEO de Colleconline, me contacte et me présente son projet et sa vision. Y adhérant complètement, je rejoins la société en tant qu’associé.

Qu'est ce qui t'a poussée à t'intéresser au Web 3 ?

J’ai toujours suivi l’actualité digitale.

Je suis passé à côté de la blockchain / crypto mais l’esprit Metaverse m’intéressait énormément.

On avait connu l’évolution des sites internet statiques, puis collaboratifs et désormais la 3D venait finaliser ce qui avait déjà été entamé dans les années 2000.

Cela ouvre des perspectives incroyables, d’ordre : sociétal, culturel, business, le tout accéléré par le Covid.

Pourrais-tu stp nous raconter CollecOnline : génèse, objectifs, vision ?

Colleconline a été créé par Loïc Schappacher (CEO) et Julien Cantin (CTO). Le premier est un grand collectionneur numismatique et n’avait pas trouvé l’outil pour gérer sa propre collection.

A partir de ce constat, ils ont développé une solution d'inventaire d'objets et d'œuvres d’art. Le projet de leur collection s’est développé rapidement : 11 000 inscrits, 280 000 objets en collection.

Avant que je n’arrive, ils s’étaient dits : ça pourrait être sympa qu’on puisse créer nos propres bâtiments, galeries d’art et venir exposer les objets de nos utilisateurs au cœur d’un univers virtuel. C’est avec cet état d’esprit et des compétences techniques poussées, qu’en 2017, Loïc et Julien font l’acquisition de quelques pixels en white list sur un metaverse en devenir : Decentraland.

Le destin, toujours lui, s’en est encore mêlé avec l’embauche de leur première salariée, Laetitia Honeine, qui était originellement architecte. Ils ont donc modélisé les buildings avec Laetitia dans Decentraland.

Quand je suis arrivé chez Colleconline, ma mission était de développer la force commerciale et marketing sur la partie historique même si je pensais qu’un phénomène puissant était en train de s’opérer sur la partie Metaverse.

En octobre, tout s’est accéléré avec Facebook qui se re-lance en tant que Meta et affiche ses ambitions dans le Web 3.

Colleconline a connu un virage progressif : développer notre proposition commerciale sur le Metaverse en exposant les œuvres d’art des artistes que nous référençons tout en simplifiant les usages autour du Metaverse.

D'ailleurs pour cela, CollecOnline va se scinder en deux avec une nouvelle marque spécialement dédiée au Web 3.

Concrètement, tu peux nous expliquer comment tout cela fonctionne ?

Imaginons qu’un-e artiste a une magnifique collection disponible en ligne.

L’artiste rentre ses œuvres dans notre plateforme au même titre qu’il ou elle le ferait dans le Web 2, moyennant un abonnement. Immédiatement, ses œuvres vont être transférées au Metamall, bâtiment que nous avons construit dans Decentraland et où ses œuvres seront exposées. Colleconline gère toute la partie technicité.

Évidemment ces œuvres peuvent être physiques ou digitales (NFT).

Colleconline n'est pas une market place. Si l’acheteur est intéressé, il prend contact avec l’artiste et tout s’organise de l’acheteur/acheteuse à l’artiste.

Nous, on ne facture uniquement l’espace virtuel d’exposition mis à disposition pour l’artiste.

Avec quelle typologie de clients travailles-tu ?

On est des facilitateurs d’accès au Web 3, en pleine phase d’évangélisation, et plus spécifiquement du Metaverse.

Nous travaillons autour de trois aspects :

1. Organisation votre événement virtuel ;

2. Location et/ou achat d'espace personnalisé pour nos clients ;

3. Formation et Accompagnement des entreprises dans le metaverse.

J’ai l’habitude de dire : “Aujourd'hui, toute entreprise peut et doit se retrouver dans le Metaverse.”

Comme d'habitude, en France, nous sommes précurseurs dans l'IT comme avec le Metaverse. Essayons cette fois de ne pas perdre cet avantage comme nous l'avons fait avec le Web 2.

Il faut que cette philosophie Web 3 perdure et éviter que la mentalité Web 2 détenue par les GAFAM prenne le dessus.

Dans quel Metaverse CollecOnline se déploie-t-il ?

Actuellement sur Decentraland. On est en cours d'installation sur Cryptovoxels et The Sandbox.

On est attentifs aux Metaverse qui correspondent à nos valeurs.

Le Metaverse doit être et rester décentralisé. Pour moi, c'est la communauté qui doit choisir l’orientation et les grandes décisions du Metaverse.

On est aux antipodes de l’idée qu’un patron gère et centralise tout un monde : ce n’est pas dans l’esprit Web 3.

Comment envisages-tu l’évolution de l’accès au Metaverse ?

Aujourd’hui, ce qui bloque le développement du Metaverse c’est la technologie en elle-même.

Beaucoup de machines dans les entreprises ne sont pas équipées de cartes graphiques. Et le Metaverse induit des animations en 3D, et des besoins de calculs graphiques importants.

Ça va se modifier progressivement ; les fabricants vont comprendre qu’ils vont devoir fournir des machines équipées de cartes 3D performantes et à moindre coût pour les entreprises. A partir de là, on pourra afficher des univers plus réalistes.

On verra très bientôt l’arrivée de grands studios de dev, de grandes écoles ; on aura des personnes qui vont travailler avec de nouveaux métiers dans le Metaverse.

Et comment vois-tu le Metaverse dans la vie des gens ?

On le fait déjà avec son smartphone ; on pourra aller dans une boutique de fringues, choisir l’article dans le Metaverse avec notre avatar qui aura nos mensurations. et recevoir notre article sur mesure à son domicile. Pourquoi pas aussi via de la Réalité Augmentée.

Il y a environ 6 000 projets Metaverses dans le monde ; tous ne survivront pas. Notre objectif est de s’implanter dans ceux qui ont le potentiel le plus important.

T’en penses quoi de la vie après la mort dans le Metaverse ?

C’est un peu la série Upload que je regarde en ce moment : les gens arrivent en fin de vie, ils signent un contrat avec une société et l’intégralité de leur système neuronal est absorbé dans le Metaverse. Et ta deuxième vie démarre dans le Metaverse.

On est dans la fiction quand on regarde ce genre de séries. Et pourtant, les premières machines quantiques sont en train d’arriver, et là, on pourra obtenir des choses quasi impossibles à imaginer aujourd'hui.

A titre perso, tu le ferais de vivre une deuxième vie dans le Metaverse ?

Moi curieux, si j’ai la possibilité de revivre, je le ferai. J'ai encore trop de choses à réaliser.

Il me faudrait plusieurs vies !

Quels conseils donnerais-tu à une entreprise qui se lance dans le Web 3 - sous l’angle Metaverse ?

Se faire accompagner pour détecter ses véritables besoins : pourquoi aller dans le Metaverse ? Que voulez-vous y faire ?

Puis, établir avec le client ce qu’il veut réaliser.

Beaucoup d’acteurs arrivent avec plus ou moins de fiabilité : attention au #Web3washing que l'on commence à voir fleurir un peu partout.

As-tu un message à faire passer ?

Arrêtez d’en parler, arrêtez d'écouter, faites-en l’expérience.

Un de mes amis a sondé des jeunes entre 18-30 ans. 6 d’entre eux n’avaient jamais entendu des metaverses. Et sur 4 qui en avaient entendu parler, seulement 1 avait fait l’expérience du Metaverse.

En conclusion, très peu de personnes se sont déjà rendues dans le Metaverse.

Les seules choses que les gens retiennent du Metaverse, c’est ce qu’en disent les media généralistes, hélas eux-mêmes, peu ou pas correctement informés.

Notre objectif chez WagmiTrends c’est de démocratiser le Web 3 et de décrypter cette révolution numérique : penses-tu que cela soit possible auprès de toutes et de tous ?

Oui car on a réussi à le faire avec le Web 2.

Qu’est ce qui a fait que le Web 2 a décollé ? C’est la modification du matériel que les gens possèdent.

Aujourd’hui tout le monde est équipé d'un smartphone plus puissant que certains de nos PC.

Imaginons qu’une marque de console décide, demain, de brancher son système sur le Metaverse, là ça changerait la donne : des millions de personnes auraient accès à ce genre d’univers.

Souvent le souci du Metaverse c’est qu’il n’est pas “user friendly” : comment je fais pour me connecter à un metamask… ? Comment créer un Wallet …?

Notre rôle c’est d’accompagner aussi bien les particuliers, que les artistes ou le secteur B2B.

Peux tu nous partager ta playlist ?

Ton livre de chevet ?

Asimov, le Grand Livre des Robots.

Ton film culte ?

Star Wars, Le Seigneur des Anneaux (je suis trop Geek) !

Une série crush ?

Plusieurs séries crush : For All Mankind, Upload (pour le coté Metaverse), The Boys et je me refais actuellement Les Piliers de la Terre et Rome.

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