Doers

10/06/2022

Virginie Thienard

Co-founder & CEO @Mint Up fundraising

“Les clés d’hier ouvrent les portes de demain.”

Bonjour Virginie, pourrais-tu stp te présenter ?

J’ai un parcours atypique. J’ai fait une Licence en Économie et un Master en Management. Après mes études, j’ai voulu travailler dans la communication ; j’ai exercé dans la communication institutionnelle pendant 5 ans, puis j’ai déménagé à Bordeaux.

Changer de région, c’était aussi l’occasion de changer de métier.

Je rêvais d’être prof, j’ai donc sauté sur l’occasion en envoyant ma candidature au rectorat. La semaine suivante, j’étais appelée pour commencer et je suis devenue prof d’économie pendant quelque temps au lycée. Ma dernière expérience était symbolique, j’enseignais dans un établissement pour adultes handicapés en reconversion.

A ce moment-là, j’ai moi même décidé de me reconvertir. Ces 6 dernières années, j’ai travaillé autour de problématiques telles que le management de la qualité ou comment améliorer les processus au sein de l’entreprise.

En parallèle, j’ai toujours eu un « mindset » d’entrepreneure sans avoir eu le courage de me lancer. Et puis j’ai eu un déclic : c’était le bon moment.

Qu’est ce qui t’a poussé à t’intéresser au Web 3 ? Et pourquoi ?

Dès 2014, des amis m’ont parlé du fait de miner du bitcoin. Je n’ai pas compris au début, et je me suis finalement intéressée au sujet.

En 2015, je tombe sur un article qui parlait du Bitcoin, j’ai cherché à creuser mais à l’époque, très peu de médias en parlent.

La première chose qui m’a alors fascinée, avant même la tech, c’était la philosophie du Bitcoin. J’ai d’ailleurs parcouru son White Paper qui permet de mieux appréhender la vision derrière les cryptos.

Quelques années plus tard, en 2018/2019, j’ai expérimenté le côté spéculatif et je ne suis clairement pas une trader pro ! Une fois que j’avais compris les mécanismes, j’ai souhaité comprendre ce qu’il y a derrière le token sur lequel on investit. C’est comme ça que je me suis penchée sur l’aspect technologique.

J’ai progressivement fait des rencontres, étendu mon réseau notamment auprès de dev ; c’était intéressant d’avoir leur support pour comprendre les spécificités qu’il y a derrière chaque blockchain.

Pour bien appréhender un nouveau concept ou une innovation, je suis persuadée qu’il y a une part de théorie et surtout une part de pratique. J’ai donc cherché à m’investir dans différents projets.

Tout d’abord, dans une blockchain qui fonctionne sous forme de DAO avec des sous gouvernances. Des « contests » sont organisés et l’idée c’est de voter pour la proposition / l’orientation qui te semble la meilleure. C’était très instructif de découvrir le fonctionnement de la DAO (Pour rappel, DAO = Decentralized Autonomous Organization, organisée décentralisée in french).

J’ai également participé à un projet de marketplace NFT ; ici mon implication était plutôt tournée sur la communication et la communauté.

Puis, fin 2021, l’idée nous vient d’aider des projets à se développer en reliant le marché traditionnel au Web 3 grâce aux NFTs.

On a donc lancé un projet d’écosystème de levée de fonds basé sur l’INO – Initial NFT Offering – avec comme aspiration et pour objectif de redonner une pleine utilité aux NFTs, plus concrètement en les reliant à des biens ou des services réels.

C’est aussi un moyen de participer à la démocratisation du Web 3.

Pourquoi lancer un projet autour des NFT ?

Ce qu’on trouve intéressant avec les NFTs, c’est qu’ils ont un côté ludique et accessible pour tout le monde. Le NFT apparaît comme l’outil parfait pour initier la population mainstream au Web 3.

Comment comptes-tu démocratiser ton projet ?

Tout d’abord, on veut créer un projet utile et qui ait vraiment du sens.

Il y a deux étapes à différencier :

Step 1 : B2B – Incubateur / INO launchpad.

Notre objectif est simple : nous souhaitons aider les projets à créer leur collection NFT.

Si un projet a besoin d’accompagnement, on a mis en place un incubateur constitué de personnes spécialisées dans des domaines bien précis : design, technique et utilité.

Pour accéder à notre INO launchpad, il faut respecter un certain nombre de critères. A noter : nous pourrons accompagner chaque projet à s’améliorer sur ces thématiques.

Concernant l’accompagnement technique, on va également proposer un outil pour automatiser la création de NFT.

On s’adresse aussi bien aux créateurs, qu’aux startups ou qu’aux entreprises.

En parallèle, on vise les étudiants qui veulent monter des projets.

MintUp est aussi un moyen pour eux de financer leurs projets tout en continuant leurs études. C’est pour ça que nous développons des partenariats avec différentes écoles.

Step 2 : B2C – Learn to earn

Ici, le principe est simple, on proposera une académie pour initier la population mainstream au Web 3. Il existe déjà des modèles de ce style qui permettent de récompenser l’utilisateur selon ses bonnes réponses.

Pourrais-tu nous parler davantage de ton projet : sa génèse, la vision ?

On monte le projet MintUp depuis novembre, on est environ une quinzaine de personnes à travailler dessus.

Le projet s’est monté avec des personnes rencontrées précédemment sur d’autres projets et des personnes rencontrées en chemin. Nous sommes principalement basés en France, mais aussi en Belgique, Angleterre, Turquie, Pays Bas et Espagne.

Notre objectif est simple : on veut développer une infrastructure qui va aider et accompagner la population mainstream à l’adoption généralisée de la technologie blockchain en utilisant les NFTs.

En ce moment, on est en phase de levée de fonds pour continuer à nous développer ; on dit d’ailleurs que les meilleurs projets sont ceux qui se construisent pendant les bear markets.

On sera lancés sur la blockchain Avalanche (AVAX pour les intimes) car on connaît cette blockchain et on apprécie sa technologie. Le réseau Avalanche est décomposé en 3 blockchains : la chaîne Exchange (X-Chain) pour les transactions, la chaîne Contract (C-Chain) pour la création de smart contract et la chaîne Platform (P-Chain) pour coordonner les validateurs et les subnets. On travaille notamment avec Avalabs sur ce développement de subnets.

C’est une blockchain rapide, sécurisée et eco-friendly.

Quelle est votre valeur ajoutée ?

Notre offre est assez inédite car on ne s’intéresse pas seulement au gaming et au Web 3 ; on se focalise aussi sur le marché traditionnel.

Notre incubateur est là pour répondre à tous les besoins d’accompagnement et notre INO launchpad permettra de récolter des fonds pour continuer à développer un projet.

La grande particularité aussi, c’est que les NFTs seront indexés sur des biens ou des services “réels”.

On travaille également sur l’expérience utilisateur et on veut répondre au problème de fragmentation qui est propre au Web 3.

Aujourd’hui, pour qu’un grand nombre de la population puisse avoir accès à cette technologie et à cette approche, il faut lui proposer une expérience utilisateur fluide.

C’est pour ça qu’on développe des partenariats, notamment avec le secondary market (market place NFT).

Comment vois-tu la place des NFT dans le monde des entreprises d’ici 5 ans ? Dans la société ?

Je pense que la place des NFTs est déjà en train de se créer.

H&M, Monoprix (…) prouvent bien que de nombreuses marques développent déjà des projets dans le Web 3 (NFT, metaverse, …).

D’ici 5 ans, on aura sûrement avancé vers cette démocratisation grâce à des projets comme MintUp qui vise à accompagner tous les acteurs traditionnels dans cette transition.

Les clés d’hier ouvrent les portes de demain.

J’espère que cette démocratisation sera la plus étendue possible et qu’on verra les NFT comme un réel outil, utile au quotidien (cf : Carrefour et sa blockchain alimentaire).

Notre objectif chez WagmiTrends c’est de démocratiser le Web 3 et de décrypter cette révolution numérique : penses-tu que cela soit possible auprès de toutes et de tous ?

Je pense que ça peut être un mouvement majoritaire, comme internet par exemple.

On adoptera progressivement cette technologie mais il y aura toujours des personnes qui ne partageront pas forcément les valeurs du Web 3 ou bien d’autres qui n’auront pas eu accès à l’acculturation nécessaire pour comprendre. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc.

Il faut du temps et des projets utiles pour que les mentalités évoluent.

Questions POP : Peux tu nous partager ta playlist ?

Un bouquin qui t’inspire ?

En ce moment, c’est la “Méthode Winning Pitch”, d’Eric Salomon et “The subtle art of not giving a f*ck”, de Mark Manson. Y’en a deux, ça compte ?

Ton film culte ?

Une série crush ?

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